mercredi 6 janvier 2016

Ah l'Irlande !_2

"Guinness is good for you", "Lovely day for a Guinness", "My Goodness, my Guinness"... Si vous échappez à ces phrases quand vous vous baladez en Irlande, c'est soit que vous êtes aveugle, soit que vous êtes sénile, soit que vous êtes très straight et que vous ne vous autorisez jamais aucune autre boisson que du Banga acheté dans le Tesco du coin. Dans tous les cas si vous n'allez pas dans les pubs en Irlande, c'est sûr, vous loupez une partie de l'atmosphère Irlandaise. Vous loupez une bonne soirée, des bonnes rencontres, des bonnes rigolades associées à de la bonne musique, ce que les irlandais appellent "a craic" un mot gaëlique difficile à traduire en anglais : "let's have a craic" "good craic man!" 

Les pubs en Irlande sont partout. Parfois ce sont de véritables institutions. Plus proche de l'Espagne que de la France sur ce point, les irlandais et les irlandaises aiment se retrouver au pub le soir après le boulot. Les enfants y sont aussi, et depuis que ça ne fume plus, on même parfois y voir des poussettes le week-end pour assister aux sessions de musique traditionnelle ! Architecturalement parlant, les pubs sont généralement compartimentés en plusieurs salles ou box, afin que ceux qui ont envie de discuter puissent le faire sans être gênés par la musique, et ceux qui ont envie d'écouter de la musique puissent le faire aussi sans être gênés par ceux qui parlent. Le design des pubs, c'est une vraie science là-bas. Généralement, on y trouve beaucoup de bois, au sol des patines de couleur ou du plancher, des vieilles tapisseries aux murs et au plafond peintes et repeintes, et au niveau mobilier il y a généralement des banquettes, des chaises, des tabourets, et même parfois des canapés et des clubs autour de cheminées où brûlent de la tourbe. La lumière y est aussi toujours bien gérée, ni trop sombre, ni trop lumineux, des éclairages souvent indirects qui donnent envie de se poser et d'y passer toute la soirée. 
Dans la plupart des pubs, sont placardés au mur au milieu de tableaux, des publicités d'alcool (bières, whisky) et parfois il y a même des vieilles plaques émaillées, publicités d'époque, vantant les bienfaits de la fameuse bière noire au col crémeux, reprenant les fameux slogans cités plus haut. Une illustration d'un toucan, parfois d'un crocodile ou encore d'une tortue, qui nous disent que c'est bon pour la santé de boire la fameuse Stout Dublinoise... En tout cas, le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est réussi, car ça donne envie d'en boire.
La marque ne s'y pas trompé d'ailleurs, le merchandising marche à bloc. Guinness par-ci, Guinness par-là, mais c'est qui ce Guy Ness à la fin ? Un des frères cachés de l'incorruptible Eliot, ou le nom d'un habitant qui vit près du Loch en Ecosse ? Non, Guinness, c'est le nom de famille d'un certain Arthur qui est né à Kildare dans le Leinster en 1725. Autant vous dire que ça date. A 27 ans, le jeune Arthur monte sa première brasserie à Leixlip, un petit village pas loin de Dublin, qui est desservi par la ligne de chemin de fer Dublin-Sligo. Aujourd'hui, c'est Intel le premier employeur de la petite ville, le silice a remplacé le malt torréfié et l'orge grillé d'antan. En 1759, Arthur transfère la brasserie de Leixlip à Dublin à la porte "St James" en signant un bail de 9000 ans. Le bonhomme avait vu loin. Si ça trouve l'espèce humaine sera déjà éteinte, que la brasserie Guinness qui sera complètement automatisée dans le futur grâce au silice de Leixlip, continuera à fabriquer de la Stout. 

On peut encore à l'heure actuelle visiter les locaux de la première usine Guinness qui s'est transformée aujourd'hui en musée. Si vous avez l'occasion, allez y jeter un oeil, car on y apprend tout l'histoire de la famille Guinness, et aussi la façon dont la Stout est fabriquée ; pas la peine d'y passer dix ans non plus, mais c'est instructif. Quand on parle de Guinness, on entend de tout, qu'il y a du sang de boeuf dedans, que c'est une bière forte, etc. En fait, la Guinness est une bière légère qui fait moins mal à la tête que les autres car elle est tirée à l'azote. D'où sa légéreté et ses fines bulles qui tombent quand on la sert, ainsi que son fameux chapeau crémeux, là où on peut faire un trèfle dessus. Une récente étude scientifique américaine a prouvé que la Guinness était réellement bonne pour la santé, plus que d'autres bières de type lager, car pleine d'antioxydant et aussi anti cholestérol. Fabuleux, non ? Ah, ben si en plus boire de la Guinness c'est bon pour la santé, alors je vois vraiment pas pourquoi je m'en priverais ! Il y a une polémique autour du breuvage concernant son goût. Certains disent qu'elle serait meilleure en Irlande... 
La Stout Irlandaise, Anglaise et Canadienne est brassée à la brasserie de St James à Dublin qui est directement alimentée par de l'eau de source pompée à la source Lady's Well dans les montagnes de Wicklow. En France la bière est je crois, brassée par Kronembourg en Alsace, mais c'est a vérifier... Alors, c'est peut-être vrai, il y a peut-être une différence de goût, mais je pense qu'il faut vraiment être un spécialiste de l'eau de source pour parvenir a deviner la provenance. Allez, sur ce, Sláinte! comme on dit là-bas !

lundi 4 janvier 2016

Ah l'Irlande !_1

Comme vous ne le savez peut-être pas, je suis allé de nombreuse fois en Irlande, six en tout. La première fois, c'était l'été 1990 avec mon ami Pollux, c'était pendant la quatorzième coupe du monde de foot ; j'avais acheté pour l'occasion une montre à quartz en plastoc aux couleurs de l'Irlande, elle était orange, blanche et verte. 
Ce voyage a pour moi été un révélateur, j'ai vu dans l'Irlande une autre civilisation, un pays où les gens étaient sympas. Ca a été le début d'une longue série de voyage là-bas. Les paysages, l'accueil des gens, l'humour, les pubs, la musique, l'Irlande toute entière m'a transporté. J'y ai aussi découvert ce fameux breuvage que j'aime tant déguster aujourd'hui : la Guinness. La première, c'était au port de Westport vers midi. Je ne comprenais pas pourquoi le patron la servait qu'à moitié. Je le regardais et me demandais : mais pourquoi il m'en met si peu ? Dubitatif, et sans doute un peu pressé, je commence à prendre le verre, pensant que je pouvais. Halte là malheureux ! Le patron me stoppe d'un coup, et m'explique qu'il faut attendre, en faisant un signe de mécontentement avec la tête ; puis tranquillement, prend la pinte pour servir la deuxième partie. J'avais 19 ans, et je n'avais jamais vu une bière avec une mousse et une couleur aussi belle, mais je dois l'avouer, je n'ai pas apprécié la première gorgée. Ce n'est que le soir, avec ma deuxième pinte, que j'ai commencé à trouver la boisson à mon goût.
La première chose qui m'a frappé en Irlande, c'est l'odeur de la tourbe brûlée dans les rues, celle-là même qu'on utilise dans les cheminées des maisons aux façades colorées pour se chauffer. C'est une odeur très particulière. La deuxième chose c'est la musique. Elle est partout. Tout le temps. Et ça joue remarquablement bien, dans la rue, les pubs. La troisième chose, c'est le fait que les Irlandais vous parlent n'importe où pour vous demander si ça va ou ce que vous faites, soit par curiosité, soit pour blaguer, c'est très agréable, on se sent vivant et apprécié ; je crois que je n'ai encore jamais vu ça ailleurs. A pied, dans le bus, dans les pissotières des pubs, partout ça tchatche. La première fois, dans les toilettes d'un pub, ça peu paraître un peu déroutant, mais au final on s'y fait vite...
Toilettes dans un pub en Irlande
C'est quand on revient en France qu'il faut faire attention, car de suite, il peut y avoir des soupçons...
Toilettes dans un bar en France